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TRADUCTION INTEGRALE DU JOURNAL

DE

ELLA WOODHOUSE.

Un témoignage de la vie à St Pierre en 1906

Fichier(s) joint(s):
Capture d’écran, le 2019-01-27 à 09.10.06.png
Capture d’écran, le 2019-01-27 à 09.10.06.png [ 401.71 Kio | Vu 83 fois ]


Ella était une petite fille de 10 ans en 1906 quand son père fut nommé Consul britannique à St Pierre.

Fichier(s) joint(s):
Capture d’écran, le 2019-01-27 à 09.10.12.png
Capture d’écran, le 2019-01-27 à 09.10.12.png [ 304.65 Kio | Vu 83 fois ]


WOODHOUSE, Arthur William Webster, C.B.E. 1920;

Born at sea, 31st May 1867, eldest son of late H.B.M. Consul Arthur Woodhouse and Mary Rachel, daughter of Richard Webster, Jersey; married 1st 1892, Selina, daughter of Henry Rogers, Odessa; 2nd Marie, widow of Vladimir Voznesenky, St. Petersburg; one daughter, one adopted daughter, (one son deceased).

Educated: Oxenford House Academy, Jersey. Entered Consulate-General at Odessa as clerk, 1886; employed on the Afghan Boundary Commission, 1887-88; Vice-Consul, Batoum, 1891; Acting Consul-General at Odessa in each year, 1891-94, and in 1901 and 1903; Vice-Consul at Odessa 1893; Acting Vice-Consul Sevastopol 1894; transferred to Nicolaiev 1895; to Boston 1905; Consul at St. Pierre-Miquelon 1906; transferred to Thorshavn 1907; to St. Petersburg 1907; Coronation medal 1911; arrested by Bolshevik forces, 30th August 1918; imprisoned in Troubetskoi Bastion until 6th October and left Petrograd 10th October 1918; Consul-General at New Orleans 1919; Acting Consul-General at Genoa 1920; H.B.M.’s Consul-General Gothenburg, Sweden, 1921; retired 1927.

Recreations: yachting, reading.

Address: 30 Cyprus Road, London N.3.
Club: Royal Over-Seas League

Died 6th January 1961.



Il a été nommé Consul britannique à St Pierre en 1906. Le journal d’Ella a été reproduit sur Internet et j’ai obtenu la permission d’en reproduire la traduction.

AUTORISATION

Please feel free to reproduce Ella's writing - an acknowledgement and a link to my site would be all that is needed.

St Pierre-et-Miquelon gets one other mention on my site –

http://www.zimdocs.btinternet.co.uk/fh/ ... house.html

Arthur Woodhouse was Consul there in 1906.

Best wishes,

Tristan Martin

http://www.zimdocs.btinternet.co.uk/fh/ ... house.html

Ella Winifred Edith Woodhouse (1896-1968)

Born 29 January 1896 in Nicolaiev, Russia, eldest daughter of Arthur William Webster WOODHOUSE and Selina ROGERS. Died 28 December 1968 at 97, Bramwoods Road, Chelmsford, Essex.
Married Charles CORDASCO in Canada.

2 children:-
Marie CORDASCO, b. 30 September 1922
Jack Charles John CORDASCO, b. 15 December 1923

Ella's Writing

Several documents were preserved by her son Jack CORDASCO. Reproduced here are:-

1. Family History detailing some of her family background.

2. Writings including an account of the 1917 Russian Revolution, and details of her travels.

TRADUCTION INTÉGRALE EFFECTUÉE PAR

ANDRÉ LAFARGUE. 14 AVRIL 2002
NOTE DU TRADUCTEUR:

Je ne prétends pas être un traducteur officiel. J’ai essayé de garder la fraîcheur du texte. J’utilise aussi pour agrémenter le texte des photos de cartes postales datant de 1906 faisant partie de la collection personnelle de Marc Cormier et trouvées sur Internet à l’adresse suivante :

http://www.grandcolombier.com/2003-gall ... index.html

Le lecteur averti remarquera que ce texte contient des inexactitudes mais il a le mérite de refléter une tranche de la vie de la « Haute Société » de l’époque sur notre Archipel.

EXTRAIT DU JOURNAL DE ELLA WOODHOUSE

La ville de St Pierre était située sur la Petite Miquelon, l’une des petites îles visibles de la Cote Sud de Terre-Neuve et qui est la dernière colonie française en Amérique du Nord. Il s’y trouvait un Gouverneur Français « Monsieur l’Administrateur » qui avait été nommé au Dahomey avant d’être nommé à St Pierre.



Dans ce temps là l’importance principale de St Pierre était de servir de port pour les bateaux de la grande flotte de pêche française qui venaient de St Malo. Ce fut pour mon père son introduction aux disputes internationales de la grande pêche.

Une des îles était peuplée essentiellement de Basques et ils y venaient souvent pour y jouer leur jeu national de Pelote que les St Pierrais appelaient le « ZASPIAQUE BAT » ( sic).

Le « St Pierre » apportait le courrier une fois tous les quinze jours. De temps en temps une goélette ( Schooner ) apportaient des légumes frais de l’Ile du Prince Edouard, mais on pouvait toujours trouver de la viande et des produits laitiers ainsi que du poisson bien sûr. Si on voulait du poisson extra frais on pouvait aussi toujours aller au pied du Cap a l’Aigle et pêcher « Tommy Cod ».

St Pierre n’était en aucun cas coupé du reste du monde. C’était une station de relais sur la route du câble transatlantique et les ingénieurs émettaient tous les jours un bulletin des dernières nouvelles du monde. Les navires de guerre des flottilles britannique et française fréquentaient souvent le port, à mon grand plaisir et celui de mon frère. Cela nous donnait l’occasion de pouvoir monter à bord pour visiter les navires et aussi de rencontrer des gens lors des réceptions fréquentes données à l’honneur des visites de l’Amiral sur le « CHASSELOUOLAUBAS » ou du Capitaine du H.M/S BRILLIANT. C’était alors que mon père revêtait son uniforme de grande cérémonie pour effectuer des visites de courtoisie et rendre visite sur les navires. Mon frère l’accompagnait en portant sur la jetée le drapeau consulaire qui était ensuite levé au mat de misaine accompagné d’un coup de canon de salut quand le Consul montait à bord.

Autrement, il n’y avait pas grand chose à faire à terre. Il n’y avait pas vraiment de circulation dans les rues à part quelques paires de bœufs attelées à des charrettes qui portaient des lourdes charges ou aussi une boite sur roues tirée par un chien.



C’était comment on nous livrait notre lait. Dans la ville, il n’y avait qu’un cheval et carrosse. Son propriétaire était considéré comme étant extrêmement riche. La seule façon de se déplacer était de marcher. Au point de vue de la vie sociale les distractions étaient limitées. Il n’y avait que quelques autres consuls et quelques officiels et ceux-ci organisaient tour à tour des dîners de courtoisie. Il n’y avait pas de club de yachting ou d’aviron ou de natation. Aucune plage n’était facile d’accès, à part le port où les pêcheurs apportaient leur poisson qui était étripé par les femmes et mis au sec sur les graves. On imagine l’odeur.



Quelques fois mon père partait à la pêche sur une des autres îles. Il amenait George mais on ne permettait pas à une petite fille de participer à ces expéditions.



Un jour, sur un bateau de pêche, ils sont allés à la pêche dans un ruisseau à truite près de Lamaline, sur la côte de Terre-Neuve. Au retour lorsque le bateau était accosté à la jetée il n’y avait pas de passerelle. On devait sauter pour monter à bord. Mon père est passé le premier. George le suivit, calcula mal son coup et se trouva à l’eau entre le bateau et la jetée. Il raconta plus tard qu’il fut si surpris quand sous l’eau il ouvrit les yeux et vit la quille du bateau. Tenant toujours en main sa canne à pêche il remonta à la surface comme un bouchon. Il avait sûrement assez de rembourrage dans son sac à dos pour le faire flotter. Deux hommes qui étaient sur la jetée se sont précipités. Comme dans un éclair l’un d’eux se mit à plat ventre, l’autre lui tint les jambes et le premier attrapa George et le sortit de l’eau. Mon père qui avait déjà fait quelques pas sur le pont du bateau entendit le bruit du plongeon, et du temps qu’il se retourne, il vit l’action incroyablement rapide des deux hommes.

Les dimanches après-midi il y avait toujours un match de football sur le seul endroit relativement plat près de la ville. Les plus grands matchs opposaient en général St Pierre au reste du monde. Une grand foule se rassemblait toujours pour voir l’équipe locale se mesurer à une équipe mixte composée de tous les visiteurs. Une des stars de l’équipe du Monde était un jeune abbé de France qui remontait sa soutane avec une ceinture et qui portait un foulard blanc pour simuler les maillots blancs de son équipe. Les joueurs de l’équipe locale portaient des maillots noirs pas tous les même. Les gens pensaient que Monseigneur, l’évêque de St Pierre, était bien libéral de laisser un des ses jeunes abbés évoluer sur un terrain de football accoutré de la sorte. Mon frère George y participait de temps en temps comme juge de ligne.



L’hiver la seule activité était d’aller patiner dans un bâtiment qui ressemblait à une énorme grange et construit tout spécialement pour faire une patinoire. On y utilisait de l’eau chaude pour faire la glace et on ouvrait des sortes de volets énormes sur les cotés pour refroidir. On dégageait la neige de sur la glace après la séance de patinage, recouvrait la glace d’eau chaude, on ouvrait les volets et dans moins de deux heures on pouvait recommencer à patiner sur de la glace lisse comme du verre. Le temps était généralement trop mauvais à cause du vent et de la neige pour pouvoir patiner en plein air. Monsieur le Gouverneur lui, voulait bien participer à ce genre d’exercice mais il n’avait jamais appris à patiner. Il eut été impensable que les gens du commun puissent voir Monsieur l’Administrateur se démener sur la glace titubant et tombant sur son derrière. Mon père et George entreprirent alors de lui apprendre à patiner. Sur l’un des cotés de l’Ile se trouvent des petites collines où, dans une vallée, court un ruisseau qui, avant de se jeter à la mer, relie des petites marres d’eau qu’on appelle les Sept Etangs. C’était un endroit très pittoresque l’été car les berges étaient couvertes de fleurs sauvages et de marguerites. Dès l’arrivée de l’hiver on y allait sur l’une de ces marres. Mon père et George étaient armés d’un long bâton sur lequel s’accrochait au milieu Monsieur l’Administrateur. Apres quelques leçons il se sentit prêt à affronter la foule de la patinoire.

Ces « SEPT ETANGS » furent la scène d’une autre aventure. Maman arrangeait un dîner officiel et elle voulait des fleurs pour la table. La seule façon d’avoir des fleurs était de sortir et les cueillir nous même. Nous sommes donc partis avec mon père faire une marche. Je pense que ma mère voulait aussi se débarrasser des enfants pour quelque temps. Il faisait un temps splendide et nous sommes partis nous balader un peu au hasard loin sur la colline sans suivre aucun chemin tracé. Tout d’un coup, le soleil disparut et un brouillard intense venant du large nous enroba et en quelques minutes nous avions perdu tout sens des directions. On avait même perdu le ruisseau qui menait aux étangs. Mon père avait une petite boussole de poche sur sa chaîne de montre. Nous avons donc entrepris de revenir en ligne droite, ce qui veut dire monter et descendre des collines jusqu'à ce qu’on arriva à un endroit familier. Il nous a fallut à peu près deux heures de marche pour retrouver la route du littoral qui nous ramena en ville et, bien que très fatiguée, je tenais toujours en mains mon bouquet de fleurs sauvages.



Notre accueil fut mixe quand nous arrivâmes à la maison. Ma mère était furieuse qu’on soit en retard mais aussi elle était soulagée de nous savoir sains et saufs.





Un brouillard rapide comme celui là peut être très dangereux pour la navigation. Durant notre séjour un cargo à vapeur fit naufrage à Langlade, l’île voisine. Il se mit à sec sur la dune à toute vitesse. Mon père fut bien occupé avec les tâches d’assurance, de sauvetage et de rapatriement de l’équipage. George eut droit à la visite de l’épave et ramena un panier de fraises sauvages cueillies sur la dune où elles poussent en profusion. Il n’y avait pas de dunes comme cela à Miquelon, du moins pas accessibles à pied, seulement des falaises et roches glissantes.

Dès notre arrivée à St Pierre il nous fallut prendre des leçons de français. Nous nous rendions tous les jours chez mademoiselle VIDEMMENT, dont l’initiale était « É », ce qui rendit son nom très charmant ( EVIDEMMENT) pour nous mais nous n’étions pas trop charmés par ses leçons.



Ensuite George eut un tuteur et Monsieur l’Abbé Frapart venait tous les après-midi. La chambre de George avait une vue magnifique sur la rue principale, l’entrée du port, le village Basque ( sic) de l’Ile aux chiens à l’opposé et les doris qui entraient et sortaient constamment.



Monsieur l’Abbé relevait la tête de temps en temps et voyait George complètement fasciné par le monde extérieur au lieu de se concentrer sur ses leçons. Il lui disait souvent : « Mon pauvre George ». Moi je trouvais cela très cruel qu’on puisse demander à n’importe qui de se concentrer devant une vue pareille. De la chambre de George on voyait aussi le bateau du courrier arriver ou les goélettes qui apportaient les fruits et légumes, on pouvait compter les voiles rouges qui doublaient la pointe ou encore plus excitant voir les doris pêcher les bancs de capelans.



C’était un tout petit poisson gros comme une sardine, bien en demande comme boette pour la morue. Quand un banc arrivait au rivage, n’importe qui pouvait aller sur le rivage en ramasser à volonté avec des filets ou des paniers. Nos deux domestiques étaient des filles du pays et elles y allait toujours. Oui, nous avions une cuisinière et une bonne à St Pierre. Nous avions aussi un chien de chasse « Rex». Il n’y avait pas grand chose à faire pour lui et de toute façon il avait peur du fusil.

Le moment arriva où mon frère dût se présenter à l’Amirauté à Londres pour passer devant le comité de Sélection d’entrée au Collège Royal Naval d’Osborne. C’était en février 1907 quand ma mère, mon frère George et moi nous nous embarquâmes sur le St Pierre pour rejoindre Halifax en Nouvelle-Écosse. Ce fut là aussi un voyage remarquable. D’habitude le voyage prenait trois jours mais on est tombé dans une tempête de ce que les locaux appellent le poudrin, des particules de neige très fine qui tourbillonnent et s’accrochent à absolument tout sur le bateau, les cordages, les gréements, recouvrant le tout de plusieurs pouces de glace qui rendait le bateau instable. On est arrivé à Halifax avec six jours de retard mais on ne nous y attendait plus car plusieurs années auparavant dans les même conditions le bateau de Saint Pierre avait fait demi-tour. Notre voyage fut très difficile, impossible de se lever, nous sommes restés dans les couchettes et nous ne sommes pas trop souciés quand le cuistot nous appris qu’il ne restait plus de nourriture. On avait soif et l’eau était saumâtre. On nous offrit du vin acide de l’équipage, c’était imbuvable. Un des passagers nous offrit une de ses bouteilles de champagne, un vrai nectar.

Nous arrivâmes tôt le lendemain matin à Halifax dans le sillon du brise-glace et il ne restait absolument rien à manger dans la cuisine à part un os de jambon duquel le cuistot éplucha quelques morceaux de viande pour frère et moi. Pendant ce temps là le bon samaritain qui nous avait offert le Champagne la veille se plaignait à haute voix du fait qu’il n’y avait même pas assez d’eau potable pour une tasse de café.



http://members.lycos.co.uk/bartie/postc ... tcards.htm

Nous arrivâmes à temps à Londres et George se présenta à l’Amirauté pour son examen. C’était un examen très compétitif. Ce ne fut qu’en arrivant que nous apprîmes que George n’avait pas de chance de réussir puisqu’il y avait plus de 280 inscrits pour 60 places vacantes à cause du fait que c’était l’année ou le Prince de Galles ( devenu ensuite le Roi Edouard VIII , et maintenant Duc de Windsor ) devait être inscrit à Osborne. De plus personne n’avait aucune idée que George serait éliminé d’office puisqu’il était daltonien.

Peu de temps après cette déception choquante mon père nous rejoignit en Angleterre sur le chemin de son prochain poste aux Iles Faroes et ceci pour deux raisons. La première du fait de son expérience sur le terrain à St Pierre des conditions et des problèmes d’une communauté qui dépend de la pêche et la seconde liée à la visite du 24 juillet 1907 du Roi Fredrick VII du Danemark à Thornshavn, sur son chemin des célébrations à Rejkjavik en Icelande. Mon frère retourna au Collège de Weymouth, ma mère se fit faire une robe spéciale pour la réception royale. Mon père s’occupa des préparatifs de départ en s’assurant que des tas de provisions pour nous permettre de meubler la maison qui nous attendait à Thornshavn qui selon l’inventaire n’était que partiellement meublée. Nous prîmes le bateau à Leith, près d’Edimbourg.

Administrateurs de St Pierre
1905 - 1906 Paul-Jean-François Cousturier


1906 - 1909 Raphaël-Valentin-Marius Antonette


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André Lafargue
ON MOULIT PAS!


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TRADUCTION INTEGRALE DU JOURNAL

DE

ELLA WOODHOUSE.

Un témoignage de la vie à St Pierre en 1906



Ella était une petite fille de 10 ans en 1906 quand son père fut nommé Consul britannique à St Pierre.

WOODHOUSE, Arthur William Webster, C.B.E. 1920;

Born at sea, 31st May 1867, eldest son of late H.B.M. Consul Arthur Woodhouse and Mary Rachel, daughter of Richard Webster, Jersey; married 1st 1892, Selina, daughter of Henry Rogers, Odessa; 2nd Marie, widow of Vladimir Voznesenky, St. Petersburg; one daughter, one adopted daughter, (one son deceased).

Educated: Oxenford House Academy, Jersey. Entered Consulate-General at Odessa as clerk, 1886; employed on the Afghan Boundary Commission, 1887-88; Vice-Consul, Batoum, 1891; Acting Consul-General at Odessa in each year, 1891-94, and in 1901 and 1903; Vice-Consul at Odessa 1893; Acting Vice-Consul Sevastopol 1894; transferred to Nicolaiev 1895; to Boston 1905; Consul at St. Pierre-Miquelon 1906; transferred to Thorshavn 1907; to St. Petersburg 1907; Coronation medal 1911; arrested by Bolshevik forces, 30th August 1918; imprisoned in Troubetskoi Bastion until 6th October and left Petrograd 10th October 1918; Consul-General at New Orleans 1919; Acting Consul-General at Genoa 1920; H.B.M.’s Consul-General Gothenburg, Sweden, 1921; retired 1927.

Recreations: yachting, reading.

Address: 30 Cyprus Road, London N.3.
Club: Royal Over-Seas League

Died 6th January 1961.



Il a été nommé Consul britannique à St Pierre en 1906. Le journal d’Ella a été reproduit sur Internet et j’ai obtenu la permission d’en reproduire la traduction.

AUTORISATION

Please feel free to reproduce Ella's writing - an acknowledgement and a link to my site would be all that is needed.

St Pierre-et-Miquelon gets one other mention on my site –

http://www.zimdocs.btinternet.co.uk/fh/ ... house.html

Arthur Woodhouse was Consul there in 1906.

Best wishes,

Tristan Martin

http://www.zimdocs.btinternet.co.uk/fh/ ... house.html

Ella Winifred Edith Woodhouse (1896-1968)

Born 29 January 1896 in Nicolaiev, Russia, eldest daughter of Arthur William Webster WOODHOUSE and Selina ROGERS. Died 28 December 1968 at 97, Bramwoods Road, Chelmsford, Essex.
Married Charles CORDASCO in Canada.

2 children:-
Marie CORDASCO, b. 30 September 1922
Jack Charles John CORDASCO, b. 15 December 1923

Ella's Writing

Several documents were preserved by her son Jack CORDASCO. Reproduced here are:-

1. Family History detailing some of her family background.

2. Writings including an account of the 1917 Russian Revolution, and details of her travels.

TRADUCTION INTÉGRALE EFFECTUÉE PAR

ANDRÉ LAFARGUE. 14 AVRIL 2002
NOTE DU TRADUCTEUR:

Je ne prétends pas être un traducteur officiel. J’ai essayé de garder la fraîcheur du texte. J’utilise aussi pour agrémenter le texte des photos de cartes postales datant de 1906 faisant partie de la collection personnelle de Marc Cormier et trouvées sur Internet à l’adresse suivante :

http://www.grandcolombier.com/2003-gall ... index.html

Le lecteur averti remarquera que ce texte contient des inexactitudes mais il a le mérite de refléter une tranche de la vie de la « Haute Société » de l’époque sur notre Archipel.

EXTRAIT DU JOURNAL DE ELLA WOODHOUSE

La ville de St Pierre était située sur la Petite Miquelon, l’une des petites îles visibles de la Cote Sud de Terre-Neuve et qui est la dernière colonie française en Amérique du Nord. Il s’y trouvait un Gouverneur Français « Monsieur l’Administrateur » qui avait été nommé au Dahomey avant d’être nommé à St Pierre.



Dans ce temps là l’importance principale de St Pierre était de servir de port pour les bateaux de la grande flotte de pêche française qui venaient de St Malo. Ce fut pour mon père son introduction aux disputes internationales de la grande pêche.

Une des îles était peuplée essentiellement de Basques et ils y venaient souvent pour y jouer leur jeu national de Pelote que les St Pierrais appelaient le « ZASPIAQUE BAT » ( sic).

Le « St Pierre » apportait le courrier une fois tous les quinze jours. De temps en temps une goélette ( Schooner ) apportaient des légumes frais de l’Ile du Prince Edouard, mais on pouvait toujours trouver de la viande et des produits laitiers ainsi que du poisson bien sûr. Si on voulait du poisson extra frais on pouvait aussi toujours aller au pied du Cap a l’Aigle et pêcher « Tommy Cod ».

St Pierre n’était en aucun cas coupé du reste du monde. C’était une station de relais sur la route du câble transatlantique et les ingénieurs émettaient tous les jours un bulletin des dernières nouvelles du monde. Les navires de guerre des flottilles britannique et française fréquentaient souvent le port, à mon grand plaisir et celui de mon frère. Cela nous donnait l’occasion de pouvoir monter à bord pour visiter les navires et aussi de rencontrer des gens lors des réceptions fréquentes données à l’honneur des visites de l’Amiral sur le « CHASSELOUOLAUBAS » ou du Capitaine du H.M/S BRILLIANT. C’était alors que mon père revêtait son uniforme de grande cérémonie pour effectuer des visites de courtoisie et rendre visite sur les navires. Mon frère l’accompagnait en portant sur la jetée le drapeau consulaire qui était ensuite levé au mat de misaine accompagné d’un coup de canon de salut quand le Consul montait à bord.

Autrement, il n’y avait pas grand chose à faire à terre. Il n’y avait pas vraiment de circulation dans les rues à part quelques paires de bœufs attelées à des charrettes qui portaient des lourdes charges ou aussi une boite sur roues tirée par un chien.



C’était comment on nous livrait notre lait. Dans la ville, il n’y avait qu’un cheval et carrosse. Son propriétaire était considéré comme étant extrêmement riche. La seule façon de se déplacer était de marcher. Au point de vue de la vie sociale les distractions étaient limitées. Il n’y avait que quelques autres consuls et quelques officiels et ceux-ci organisaient tour à tour des dîners de courtoisie. Il n’y avait pas de club de yachting ou d’aviron ou de natation. Aucune plage n’était facile d’accès, à part le port où les pêcheurs apportaient leur poisson qui était étripé par les femmes et mis au sec sur les graves. On imagine l’odeur.



Quelques fois mon père partait à la pêche sur une des autres îles. Il amenait George mais on ne permettait pas à une petite fille de participer à ces expéditions.



Un jour, sur un bateau de pêche, ils sont allés à la pêche dans un ruisseau à truite près de Lamaline, sur la côte de Terre-Neuve. Au retour lorsque le bateau était accosté à la jetée il n’y avait pas de passerelle. On devait sauter pour monter à bord. Mon père est passé le premier. George le suivit, calcula mal son coup et se trouva à l’eau entre le bateau et la jetée. Il raconta plus tard qu’il fut si surpris quand sous l’eau il ouvrit les yeux et vit la quille du bateau. Tenant toujours en main sa canne à pêche il remonta à la surface comme un bouchon. Il avait sûrement assez de rembourrage dans son sac à dos pour le faire flotter. Deux hommes qui étaient sur la jetée se sont précipités. Comme dans un éclair l’un d’eux se mit à plat ventre, l’autre lui tint les jambes et le premier attrapa George et le sortit de l’eau. Mon père qui avait déjà fait quelques pas sur le pont du bateau entendit le bruit du plongeon, et du temps qu’il se retourne, il vit l’action incroyablement rapide des deux hommes.

Les dimanches après-midi il y avait toujours un match de football sur le seul endroit relativement plat près de la ville. Les plus grands matchs opposaient en général St Pierre au reste du monde. Une grand foule se rassemblait toujours pour voir l’équipe locale se mesurer à une équipe mixte composée de tous les visiteurs. Une des stars de l’équipe du Monde était un jeune abbé de France qui remontait sa soutane avec une ceinture et qui portait un foulard blanc pour simuler les maillots blancs de son équipe. Les joueurs de l’équipe locale portaient des maillots noirs pas tous les même. Les gens pensaient que Monseigneur, l’évêque de St Pierre, était bien libéral de laisser un des ses jeunes abbés évoluer sur un terrain de football accoutré de la sorte. Mon frère George y participait de temps en temps comme juge de ligne.



L’hiver la seule activité était d’aller patiner dans un bâtiment qui ressemblait à une énorme grange et construit tout spécialement pour faire une patinoire. On y utilisait de l’eau chaude pour faire la glace et on ouvrait des sortes de volets énormes sur les cotés pour refroidir. On dégageait la neige de sur la glace après la séance de patinage, recouvrait la glace d’eau chaude, on ouvrait les volets et dans moins de deux heures on pouvait recommencer à patiner sur de la glace lisse comme du verre. Le temps était généralement trop mauvais à cause du vent et de la neige pour pouvoir patiner en plein air. Monsieur le Gouverneur lui, voulait bien participer à ce genre d’exercice mais il n’avait jamais appris à patiner. Il eut été impensable que les gens du commun puissent voir Monsieur l’Administrateur se démener sur la glace titubant et tombant sur son derrière. Mon père et George entreprirent alors de lui apprendre à patiner. Sur l’un des cotés de l’Ile se trouvent des petites collines où, dans une vallée, court un ruisseau qui, avant de se jeter à la mer, relie des petites marres d’eau qu’on appelle les Sept Etangs. C’était un endroit très pittoresque l’été car les berges étaient couvertes de fleurs sauvages et de marguerites. Dès l’arrivée de l’hiver on y allait sur l’une de ces marres. Mon père et George étaient armés d’un long bâton sur lequel s’accrochait au milieu Monsieur l’Administrateur. Apres quelques leçons il se sentit prêt à affronter la foule de la patinoire.

Ces « SEPT ETANGS » furent la scène d’une autre aventure. Maman arrangeait un dîner officiel et elle voulait des fleurs pour la table. La seule façon d’avoir des fleurs était de sortir et les cueillir nous même. Nous sommes donc partis avec mon père faire une marche. Je pense que ma mère voulait aussi se débarrasser des enfants pour quelque temps. Il faisait un temps splendide et nous sommes partis nous balader un peu au hasard loin sur la colline sans suivre aucun chemin tracé. Tout d’un coup, le soleil disparut et un brouillard intense venant du large nous enroba et en quelques minutes nous avions perdu tout sens des directions. On avait même perdu le ruisseau qui menait aux étangs. Mon père avait une petite boussole de poche sur sa chaîne de montre. Nous avons donc entrepris de revenir en ligne droite, ce qui veut dire monter et descendre des collines jusqu'à ce qu’on arriva à un endroit familier. Il nous a fallut à peu près deux heures de marche pour retrouver la route du littoral qui nous ramena en ville et, bien que très fatiguée, je tenais toujours en mains mon bouquet de fleurs sauvages.



Notre accueil fut mixe quand nous arrivâmes à la maison. Ma mère était furieuse qu’on soit en retard mais aussi elle était soulagée de nous savoir sains et saufs.





Un brouillard rapide comme celui là peut être très dangereux pour la navigation. Durant notre séjour un cargo à vapeur fit naufrage à Langlade, l’île voisine. Il se mit à sec sur la dune à toute vitesse. Mon père fut bien occupé avec les tâches d’assurance, de sauvetage et de rapatriement de l’équipage. George eut droit à la visite de l’épave et ramena un panier de fraises sauvages cueillies sur la dune où elles poussent en profusion. Il n’y avait pas de dunes comme cela à Miquelon, du moins pas accessibles à pied, seulement des falaises et roches glissantes.

Dès notre arrivée à St Pierre il nous fallut prendre des leçons de français. Nous nous rendions tous les jours chez mademoiselle VIDEMMENT, dont l’initiale était « É », ce qui rendit son nom très charmant ( EVIDEMMENT) pour nous mais nous n’étions pas trop charmés par ses leçons.



Ensuite George eut un tuteur et Monsieur l’Abbé Frapart venait tous les après-midi. La chambre de George avait une vue magnifique sur la rue principale, l’entrée du port, le village Basque ( sic) de l’Ile aux chiens à l’opposé et les doris qui entraient et sortaient constamment.



Monsieur l’Abbé relevait la tête de temps en temps et voyait George complètement fasciné par le monde extérieur au lieu de se concentrer sur ses leçons. Il lui disait souvent : « Mon pauvre George ». Moi je trouvais cela très cruel qu’on puisse demander à n’importe qui de se concentrer devant une vue pareille. De la chambre de George on voyait aussi le bateau du courrier arriver ou les goélettes qui apportaient les fruits et légumes, on pouvait compter les voiles rouges qui doublaient la pointe ou encore plus excitant voir les doris pêcher les bancs de capelans.



C’était un tout petit poisson gros comme une sardine, bien en demande comme boette pour la morue. Quand un banc arrivait au rivage, n’importe qui pouvait aller sur le rivage en ramasser à volonté avec des filets ou des paniers. Nos deux domestiques étaient des filles du pays et elles y allait toujours. Oui, nous avions une cuisinière et une bonne à St Pierre. Nous avions aussi un chien de chasse « Rex». Il n’y avait pas grand chose à faire pour lui et de toute façon il avait peur du fusil.

Le moment arriva où mon frère dût se présenter à l’Amirauté à Londres pour passer devant le comité de Sélection d’entrée au Collège Royal Naval d’Osborne. C’était en février 1907 quand ma mère, mon frère George et moi nous nous embarquâmes sur le St Pierre pour rejoindre Halifax en Nouvelle-Écosse. Ce fut là aussi un voyage remarquable. D’habitude le voyage prenait trois jours mais on est tombé dans une tempête de ce que les locaux appellent le poudrin, des particules de neige très fine qui tourbillonnent et s’accrochent à absolument tout sur le bateau, les cordages, les gréements, recouvrant le tout de plusieurs pouces de glace qui rendait le bateau instable. On est arrivé à Halifax avec six jours de retard mais on ne nous y attendait plus car plusieurs années auparavant dans les même conditions le bateau de Saint Pierre avait fait demi-tour. Notre voyage fut très difficile, impossible de se lever, nous sommes restés dans les couchettes et nous ne sommes pas trop souciés quand le cuistot nous appris qu’il ne restait plus de nourriture. On avait soif et l’eau était saumâtre. On nous offrit du vin acide de l’équipage, c’était imbuvable. Un des passagers nous offrit une de ses bouteilles de champagne, un vrai nectar.

Nous arrivâmes tôt le lendemain matin à Halifax dans le sillon du brise-glace et il ne restait absolument rien à manger dans la cuisine à part un os de jambon duquel le cuistot éplucha quelques morceaux de viande pour frère et moi. Pendant ce temps là le bon samaritain qui nous avait offert le Champagne la veille se plaignait à haute voix du fait qu’il n’y avait même pas assez d’eau potable pour une tasse de café.



http://members.lycos.co.uk/bartie/postc ... tcards.htm

Nous arrivâmes à temps à Londres et George se présenta à l’Amirauté pour son examen. C’était un examen très compétitif. Ce ne fut qu’en arrivant que nous apprîmes que George n’avait pas de chance de réussir puisqu’il y avait plus de 280 inscrits pour 60 places vacantes à cause du fait que c’était l’année ou le Prince de Galles ( devenu ensuite le Roi Edouard VIII , et maintenant Duc de Windsor ) devait être inscrit à Osborne. De plus personne n’avait aucune idée que George serait éliminé d’office puisqu’il était daltonien.

Peu de temps après cette déception choquante mon père nous rejoignit en Angleterre sur le chemin de son prochain poste aux Iles Faroes et ceci pour deux raisons. La première du fait de son expérience sur le terrain à St Pierre des conditions et des problèmes d’une communauté qui dépend de la pêche et la seconde liée à la visite du 24 juillet 1907 du Roi Fredrick VII du Danemark à Thornshavn, sur son chemin des célébrations à Rejkjavik en Icelande. Mon frère retourna au Collège de Weymouth, ma mère se fit faire une robe spéciale pour la réception royale. Mon père s’occupa des préparatifs de départ en s’assurant que des tas de provisions pour nous permettre de meubler la maison qui nous attendait à Thornshavn qui selon l’inventaire n’était que partiellement meublée. Nous prîmes le bateau à Leith, près d’Edimbourg.

Administrateurs de St Pierre
1905 - 1906 Paul-Jean-François Cousturier


1906 - 1909 Raphaël-Valentin-Marius Antonette

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André Lafargue
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UNREAD_POSTPosté: Jeu Mar 11, 2010 11:38 am 
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Je pense que tu as raison pour la maison Gaston. La route était très étroite, l'élargissement ne pouvant se faire que sur le remblai, les maisons de droite ont disparu.

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UNREAD_POSTPosté: Jeu Mar 11, 2010 9:34 am 
AMIRAL

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ça fait tout bizarre de voir des maisons sur la droite !el on dirait bien que sur la gauche est celle qui a appartenu à Mr Gaston ?victoria

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Arlette Hacala Folquet


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UNREAD_POSTPosté: Jeu Mar 11, 2010 7:22 am 
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Toujours plaisant de revisiter le temps de nos grand-parents. Il y a ce qui reste incontournable (la brume, les tempêtes d'hiver, le poudrin) et ce qui change (la marche à pied, les boeufs, l'unique voiture à cheval, le port animé, le fleuriste..)

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 Sujet du message: JOURNAL D'ELLA WOODHOUSE 1906
UNREAD_POSTPosté: Mer Mar 10, 2010 11:23 pm 
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ELLA WOODHOUSE - TEMOIGNAGE DE LA VIE A SPM EN 1906

Une archive du GrandColombier dénichée sur le web.

Il faut laisser le temps a la page de charger...

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André Lafargue
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