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UNREAD_POSTPosté: Mar Déc 19, 2017 9:37 am 
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André Lafargue
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UNREAD_POSTPosté: Sam Déc 21, 2013 6:28 pm 
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Petit rappel de cette histoire!

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UNREAD_POSTPosté: Mar Déc 07, 2010 10:01 pm 
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TRADUCTION INTEGRALE DE: SECRETS OF THE NORTH ATLANTIC ISLANDS - EDWARD ROWE SNOW

DODD, MEAD AND COMPANY. NEW YORK. 1950
Chapter XI – CAPE BRETON AND SAINT PIERRE – Pages 226 to 234 –

Reprinted for the website of THE SAINT PIERRE ET MIQUELON ENCYCLOPEDIA with permission from the family of the author.

http://www.flyingsanta.com/

TRADUIT PAR ANDRE LAFARGUE

LES SECRETS DES ILES DE L'ATLANTIQUE NORD

EDWARD ROWE SNOW – Chapitre XI – Pages 226 à 234.

Ce texte a été traduit et il est publié sur ce site avec la permission de Madame Dolly Bicknell la fille de l'auteur. La version anglaise numérisée est aussi disponible sur ce site.

MIS EN PAGE PAR MARC CORMIER

Le brouillard s'est levé suffisamment longtemps pour qu'on puisse enfin s'envoler vers les îles de St Pierre, Langlade et Miquelon. Quand le journal local de Sydney
le « Port-Record », apprit que j'allais porter mon costume de Père Noël Volant, ils prirent la décision d'en faire un reportage pour leurs lecteurs. Ils savaient ce que moi je ne savais pas, c'est à dire que jamais de mémoire d'homme, un Père Noël n'avait fait escale dans ces îles isolées de la sorte.

C'est alors que nous partîmes donc à cinq pour faire un saut de pas de géant pour traverser la mer jusqu'à la dernière possession française d'Amérique du Nord. La Maritime Central Airways avait mis deux pilotes à ma disposition, Le Capitaine H.S. Jones et le capitaine Ray Meraghan. Il y avait aussi Ian McNeil le journaliste du « Port-Record », John Walker le photographe du journal et moi bien sur.

Tôt après le décollage de Sydney on rencontrait des vents turbulents, mais rien qu'à voir l'état de la mer en dessous de nous, nous étions bien contents d'être en avion. En survolant les petites îles au large du Cap Breton avec leurs phares solitaires on pouvait voir les écumes des vagues qui se jetaient sur les côtes rocailleuses.

Enfin St Pierre apparut dans un trou dans les nuages devant nous et nous avons survolé les deux autres îles avant d'atterrir. Nous avons vu juste en dessous de nous un terrain d'atterrissage en ligne droite et un groupe de personnes. Nous nous posâmes et nous dirigeâmes vers le bureau de douane extérieur.

Les enfants entourèrent bien vite l'avion. J'avais enfilé mon costume de Père Noël et, un par un les petits français s'approchèrent timidement pour chercher leur cadeau. Ce fut pour moi une expérience très étrange justement parce que les enfants avaient un air si serein. J'avais bientôt distribué tous mes cadeaux à part une énorme boite de barres de chocolats à 5 cents. Je vidais la boite en la jetant en l'air dans la foule et c'est alors que les enfants s'excitèrent et se précipitèrent sur les bonbons en riant aux éclats. Alors pensai-je : « J'ai enfin rompu la glace ». Ce ne fut qu'à ce moment là que je compris ce que les autres dans l'avion savaient déjà, c'est à dire qu'il n'y avait jamais eu de Père Noël comme cela à St Pierre auparavant et les enfants ne savaient pas comment réagir en sa présence. En jetant les barres de chocolat en l'air en geste de désinvolture ils se rendirent compte que le Père Noël avait finalement un côté humain.

A partir de ce moment là les langues se délièrent et le Père Noël et les enfants se mirent à converser librement en très bon français de St Pierre sur toutes sortes de sujets d'intérêt commun.

Quand finalement le dernier enfant avait pris le chemin du retour à la maison avec ses cadeaux, je pus me changer et mettre mes vêtements de ville. Les agents de la douane furent plus qu'aimables avec moi car je n'avais ni passeport, ni carte d'identité ou certificat de naissance pour m'identifier dans un pays étranger. Après avoir passé un examen succinct et avoir déclaré « Je n'ai rien à déclarer messieurs », on me laissa monter dans un taxi
qui nous emmena en ville.

Nous arrivâmes bientôt à la résidence de Monsieur Gui (sic.) Cletch, qui faisait fonction de gouverneur par intérim. Il avait invité un grand nombre de personnalités officielles de l'île et il nous reçut dans son très beau salon pour discuter librement des affaires passées, présentes et futures de l'archipel. Apres une très longue conversation nous décidâmes d'aller visiter les points importants de l'île. Je laissais au bon soin de Monsieur Cletch des cadeaux pour les employés des phares de l'archipel et nous partîmes faire le tour de l'île.

Les officiels tenaient à ce que nous rendions visite à ce qu'ils appelaient " le cabaret". Ils insistèrent tellement en répétant leur invitation que nous commençâmes à nous demander si Saint Pierre avait un endroit qui pouvait faire concurrence aux Folies Bergères. Finalement, nous consentîmes à descendre la côte jusqu'au Cabaret Joinville, mais toute idée frivole que nous aurions pu avoir au préalable fut dissipée tout de suite en y arrivant ! Ce « Cabaret » n'était autre que salle de danse où baignait encore l'atmosphère de la vieille France. Au milieu de la salle à droite se trouvait une petite plate-forme surélevée où les mamans de Saint Pierre pouvaient voir danser leurs petites filles sur des airs de radio en provenance de Terre-Neuve. On nous apprit que rien n'échappait aux regards de faucons des mamans de Saint Pierre perchées dans les loges. Tout confus et un peu embarrassés nous retournâmes à la Résidence du Gouverneur.

L'île de Saint Pierre mesure à peu près 5 miles de long dans l'axe Nord-est au Sud-ouest. Au Nord de la Pointe à Henry se trouve le Grand Colombier qui s'élève jusqu'à 492 pieds. Les autres îles sont les Ilots Massacre, Vainqueur, Pigeon et Chasseurs. Les cailloux à fleur d'eau qui abondent dans les parages se nomment : La Chatte, l'Enfant Perdu, Les Canailles, Les Grappinots, la Basse de la Marne, la Basse de la Bonnière, Le Caillou Hache et Les Cailloux de Terre.

Langlade ou Petite Miquelon, est séparé de Saint Pierre par un passage de mer de 3 miles de large appelé La Baie. Le point culminant de Langlade est à 656 pieds au-dessus de la mer, et du côté Nord-est se trouve le Cap Percé ainsi appelé car il est formé d'une arche rocheuse qui vaut vraiment la peine d'être vue. Du phare de Pointe Plate au sud-ouest jusqu'au Cap Percé il y a environ 8 miles.

Dans le passé il était nécessaire d'aller en bateau de Langlade jusqu'à l'île voisine, Miquelon, mais depuis plus d'un siècle une dune de sable a relié les deux îles. Sur cette dune un nombre incalculable de naufrages ont eu lieu auxquels on attribue plusieurs histoires intéressantes. Mais ceux qui pouvaient nous raconter ces histoires parlaient le Basque pur, une langue que des aventuriers anglais comme nous avaient bien de la difficulté à comprendre.

Je réussissais à comprendre tant bien que mal, et assez bien, deux de ces histoires que je pouvais coucher sur papier. La première concerne un fantôme vêtu de noir et qui ressemble en bien des points à la Dame du Fort Warren du Port de Boston, qui erre sur la dune pour protéger son mari qui s'est noyé lors du naufrage de son bateau en 1835. Il est dit qu'elle lui était apparue en mer et qu'elle était responsable du naufrage dans un brouillard épais, mais on ne me donna pas assez de détails pour pouvoir tout comprendre de l'histoire.

L'autre histoire est plus tragique et sûrement véritable. Un enfant à bord d'un bateau qui avait fait naufrage près de Pointe Plate fut mordu par un chien affamé et enragé. L'enfant est mort d'une mort atroce en convulsions avant que le médecin de Saint Pierre puisse venir par bateau à son secours.

La dune de sable qui relie les deux îles est longue de 4 miles. Elle s'arrête au Nord au Grand Barachois ou Lac de Miquelon. A partir de ce Lac et en voyageant dans le sens des aiguilles d'une montre au tour de Miquelon on rencontre la Pointe au Cheval, L'Anse de la Carcasse Cove, un autre Lac, Le Bourg de Miquelon, le Cape Blanc avec son phare, La Montagne du Calvaire, l'Echelle, Le Bec, La Cormorandière et le Nid d'Aigle à la pointe Nord. Ensuite on arrive au Sud au Cap de Miquelon, La Pointe aux Outardes, La Baie de la Vierge, la Route de Miquelon, le Cha­peau de Miquelon, La Pointe au Soldat, la Pointe aux Alouettes et on est de retour au Grand Barachois, ayant fait tout le tour de l'île. Du Nid d'Aigle au Lac il y a une distance de 8 miles. La plus grande distance de l'île est entre le Nid d'Aigle à la Pointe Blanche de Saint Pierre, il y a vingt-six miles. Les trois îles ont en tout une superficie de quatre-vingt treize miles carrés.

Le climat est très rude durant l'hiver et les Saint Pierrais doivent souvent percer des tunnels au travers des congères qui se forment dans les rues. Il est difficile à croire que Saint Pierre qui se trouve si loin plus au Nord que nous se trouve en fait sur la latitude à plus de 100 miles au Sud de celle de Paris. Les températures moyennes annuelles y sont de dix degrés au-dessus du point de congélation. Les lilas y fleurissent après le quatre juillet et le court été est chaud.

Saint Pierre est équipé d'eau courante et un réservoir dans les collines alimente suffisamment la ville. Il y a aussi l'électricité et l'éclairage des rues. Ce n'est pas le cas à Miquelon.

Le bois de chauffage est si rare à Saint Pierre qu'on envoie les enfants avec des charrettes à chien couper des branches de spruces nains qui poussent dans les collines.

La population est divisée en 3 parties : les marchants, les officiels du gouvernement et les pêcheurs. Les pêcheurs sont pauvres mais les marchants et les officiels y vivent confortablement.

En 1940 après la capitulation de la France, trente chalutiers et voiliers transportant un équipage de 1500 hommes y cherchèrent refuge. Pendant plusieurs semaines la ville bourdonna d'activité quand tout le poisson de ces navires fut tranché et séché au soleil.

L'argent et les timbres de Saint Pierre viennent de la vieille France mais on y trouve tout un mélange d'argent de Terre-Neuve et de l'Amérique chez tous les marchants. Malgré toute les influences externes, il est évident que Saint Pierre va toujours rester fidèle à la France.

J'ai interviewé l'Evêque, le docteur Raymond Martin, Préfet Apostolique qui gardait ses fidèles malgré tous les déboires financiers. J'ai eu une très longue conversation avec lui au sujet de l'avenir de Saint Pierre. « La France nous garde ici en tant que vestige de la vieille France, car nous sommes la dernière parcelle de l'Empire. » me dit-il.

Personne ne sait qui au juste, a découvert Saint Pierre, mais quand Jacques Cartier s'est arrêté ici en 1536 Saint Pierre portait déjà son nom. Il est indéniable que ce nom vient de Saint Pierre le patron et protecteur des pêcheurs. Les premiers navigateurs portugais appelèrent Miquelon « Ile Miguel » et Miquelon est une forme normande de Miguel. Voltaire dans son Louis XIV les appelle les Iles Miquelon.

On dit que la majeure partie des habitants sont des descendants des compagnons de Champlain, des Basques, Normands et Bretons qui faisaient parti de la colonisation du Canada. Quand les Acadiens furent chassés de Grand Pré, plusieurs d'entre eux firent route vers Saint Pierre où ils y établirent résidence.

En 1713 les îles furent cédées à l'Angleterre avec Terre-Neuve, mais après la victoire de Wolfe en 1759 à Québec les îles furent rendues à la France comme dernier bastion en Amérique. Après avoir changé de mains plusieurs fois les îles furent définitivement cédées à la France en 1815.

En 1884 Saint Pierre était l'un des plus grands (et certains disent même que c'était le plus grand) port au monde. Le commerce de sel et de poisson atteignait plus de trente-huit millions de francs par an. Chaque printemps des bateaux quittaient les ports de Dieppe, Saint Brieux et Saint Malo, en route pour ces petites îles. Des bateaux de pêches avec des équipages de Bretons et de Normands partaient vers les bancs de peches. Quand leurs cales étaient chargées à rabord ils revenaient décharger le poisson à Saint Pierre et repartaient sur les bancs. Pendant ce temps là leurs femmes et leurs enfants apportaient et étalaient le poisson sur les graves pour qu'il sèche au soleil.

Comme à Terre-Neuve beaucoup de bateaux ont des chiens à leur bord. Ils servent pour aller chercher la morue qui tombe par-dessus bord, pour avertir de la brume et pour faire des sauvetages en mer.

En descendant près du rivage où les pêcheurs déchargent leur marée du jour, on a passé près de 3 canons qui constituent les dernières fortifications de la France en Amérique. Il y en avait quatre à l'origine mais un joyeux fêtard un jour de quatorze juillet en fit exploser un en même temps que lui-même. Il est donc dit qu'il est la seule victime de ces fortifications.

Les résidents de Saint Pierre ont une occupation annuelle qui consiste à pêcher le capelan, un petit poisson qui vient se jeter au rivage chaque année. En juin et juillet le poisson vient près du rivage et ils le pêchent à la seille ou au filet et l'apportent sur les étales pour le nettoyer. Il est ensuite salé et séché puis exporté en France où il rapporte un bon prix.

Dans le bon vieux temps il y avait beaucoup de bœufs qui transportaient les cargaisons de poissons sur l'île mais maintenant leur nombre est réduit. On voit quand même assez fréquemment des charrettes à chiens qui transportent le bois de chauffage pour l'hiver.

Pour chaque quintal ou 112 livres de poisson, le gouvernement de France donnait alors aux pêcheurs un bonus de neufs francs soit le tiers de la valeur du poisson. Il y avait alors six mille résidents qui vivaient à l'année longue sur Saint Pierre et Miquelon, en comparaison à 4700 aujourd'hui, et de mai à octobre plus de dix milles marins visitaient les îles. Les marchants se remplissaient les coffres et pouvaient envoyer leurs enfants étudier en France et se tremper dans la culture française.

Mais Terre-Neuve fut la cause de la ruine de Saint Pierre quand son gouvernement déclara sans prévenir le « Bait Bill ». Les gens de Saint Pierre s'étaient toujours approvisionnés de boette sur la côte de Terre-Neuve et les hommes de Terre-Neuve avaient toujours protesté contre le fait que la France aidait les pêcheurs de Saint Pierre en leur donnant un bonus. Le Bait Bill interdit aux marchants, pêcheurs ou marins de Terre-Neuve de vendre de la boette aux pêcheurs de Saint Pierre ou de Miquelon.

Quand les hommes d'affaire qui financent les entreprises de pêche ont appris que Terre-Neuve ne leur vendrait pas de boette, ils hésitèrent à engager et à payer le transport des marins de France. Apres quelques années on développa des nouvelles méthodes de pêche en utilisant des navires basés en Bretagne, en développant des nouvelles méthodes d'obtenir de la boette en péchant les coucous (berniques) sur les fonds de pêche et en envoyant la morue directement en France dans des bains de saumure sur des grands bateaux. Maintenant les pêcheurs de France font escale à Saint Pierre seulement quand ils besoins de réparations ou pour se ravitailler.

Je fis un brin de causette avec un vieux pêcheur qui me parla de la pêche à l'encornet. En dépit de l'écœurement que l'on ressent quand on parle de cette pieuvre géante, la petite pieuvre ou encornet, est très recherchée comme boette pour la morue et nombreux sont ceux qui l'aiment comme délicatesse de table. Ce pêcheur m'apprit qu'à Saint Pierre on pêche l'encornet à la turlute. On les prépare pour les cuire en enlevant la tête et les viscères et en enlevant la peau gris-brune de la poche. Cette poche est ensuite lavée et on la remplit d'une farce de viande à saucisse, oignons, ail, et miettes de pain. Après une nuit sur la glace on les passe au beurre brun le lendemain matin puis on les fait cuire à feu doux dans une sauce au vin. On nous dit qu'ils sont « riches mais bons ». Cependant nos repas à Saint Pierre n'inclurent jamais ce délice de gourmet, alors nous n'avons jamais su que nous avons manqué de goûter.

Les prix sont raisonnables à Saint Pierre, surtout les parfums, les montres et les alcools rares. Saint Pierre est le seul endroit en Amérique du Nord on l'on peut acheter le meilleur rhum disponible au monde pour l'équivalent de 4 cents le verre. On y vent le Champagne à quatre-vingt cinq cents la bouteille. Le Cognac et les autres Liqueurs se vendent juste au-dessus de un dollar la bouteille. C'est aussi ici que vous pouvez acheter les meilleures des montres Suisses pour 15 dollars qui se vendent à New-York pour plus de 125 dollars. La dentelle française de première qualité s'achète à 18 cents le mètre et j'ai acheté un flacon de l'excellent parfum de France « Christmas Bells » pour le neuvième du prix sur le marcher à Boston.

Saint Pierre connut sa plus grande période de prospérité durant la Prohibition aux Etats Unis. Nombreux résidents firent fortune presque du jour au lendemain ( et plusieurs perdirent leur fortune tout aussi vite ) en envoyant par bateau des alcools en Amérique. En 1935 le gouvernement francais signa un accord avec les gouvernements du Canada et des Etats Unis pour arrêter le trafic de fraude mettant fin subitement à la prospérité de nombreux Saint Pierrais.

La plupart des bâtiments sur Saint Pierre ont l'air un peu dilapidés vus de l'extérieur mais à l'intérieur plusieurs sont des vrais palais. Dans la partie basse de la ville les bâtiments sont recouverts de « stucco » et peints de couleurs vives en rouge et jaune. Les maisons qui sont un peu à l'écart du centre-ville ont tendance à être recouvertes de « clapboard ».

Pendant une période 15 ans durant le dernier siècle il y a eu 3 gros incendies et en 1939 quatre pâtés de maisons au plein cœur de la ville ont été complètement détruits. Depuis ce temps là chaque maison doit avoir en permanence une échelle sur le toit.

Quand la France a capitulé pendant le seconde guerre mondiale Saint Pierre connut des évènements mouvementés. Pendant un certain temps on croyait que Saint Pierre allait suivre la France. Le Baron Gilbert de Bournat, l'administrateur de l'archipel, un parisien, était fidèle à Vichy et au Maréchal Pétain mais selon le magazine Time du 5 janvier 1942, finalement trois corvettes ( steatopygous) de la France Libre arrivèrent sous le commandement du Vice-Amiral Emile Henri Muselier et les forces Françaises Libres débarquèrent au quai de Saint Pierre le 24 décembre 1941. Il maîtrisa bien vite le petit effectif de onze gendarmes qui gardaient les îles.

Avant l'arrivée de Muselier cent cinquante Saint Pierrais avaient déjà rejoint les forces canadiennes. La plupart des îliens soutenaient la cause de DeGaule, mais Muselier décida qu'il serait prudent de faire un plébiscite. Les résultats montrèrent que 783 Saint Pierrais supportaient De Gaule, 14 Pétain et 215 bulletins étaient nuls. Quand on annonçât les résultats un orchestre joua La Marseillaise sur le quai et rares étaient ceux qui n'avaient pas la larme à l'œil. Aucun coup de fusil n'avait été tiré pour ce changement de gouvernement, bien que Muselier était prêt à faire face si les Pétainistes avait essayé de prendre le dessus sur la population de Saint Pierre.

Durant notre séjour nous remarquâmes chez les gens un fort sentiment de mal de pays envers la Mère Patrie. Les gens ne mentionnèrent jamais combien ils étaient proches de Terre-neuve mais ils exprimèrent plutôt combien ils étaient éloignés de la France.

Nul part ailleurs en Amérique du Nord on retrouve autant l'atmosphère d'un pays étranger qu'à Saint Pierre. Au moment même où l'on met le pied sur le sol du terrain d'aviation et quand les gendarmes français nous accueillent on remarque cette différence. Ces mêmes gendarmes auraient pu être tout aussi à leur place sur les Champs Elysées que sur le terrain d'aviation de Saint Pierre, en Amérique du Nord, battu par le vent.

Je me pris d'affection pour une petite gamine de l'île et quand je quittais le centre ville de Saint Pierre pour le terrain d'aviation cette petite fille de France de dix ans était assise sur mes genoux et chantait La Marseillaise. Avant mon départ elle me chuchota un secret à l'oreille, mais elle me fit promettre de ne pas le dire à sa petite sœur ; à son age avancé elle m'avait reconnu comme étant le Père Noël de l'avion. Elle me dit bien sur qu'elle ne dirait rien pour ne pas alerter sa petite sœur de sept ans.

Plus tard cet après-midi là nous atterrîmes à l'aéroport de Sydney où un avion de la Trans-Canada Air Lines m'attendait pour me ramener à Boston. Cette même soirée, alors que j'arrivai à l'aéroport de Boston j'eus cette étrange sensation d'avoir été à la fois en France, au Canada et aux Etats Unis dans l'espace de 5 heures.
NOTES

DODD, MEAD AND COMPANY. NEW YORK. 1950 - Chapter XI – CAPE BRETON AND SAINT PIERRE – Pages 226 to 234 – Reprinted for the website of THE SAINT PIERRE ET MIQUELON ENCYCLOPEDIA with permission from the family of the author.

Andre,

I've asked Dolly Bicknell, Edward Rowe Snow's daughter, if it would be OK for you to translate that material and use it on the site. I think it will be fine -- I'll let you know.

Sun 19/01/2003 4:11 PM

Andre,

Sorry this took a while -- below is a response from Edward Rowe Snow's daughter regarding the “translating” and “the posting” of that "Flying Santa" material.

Thanks,

Jeremy

Jeremy,

I was reviewing my old unanswered emails, and found this one. It mentions a gentleman who wished to translate and put something of my dad's on his website. That sounds OK to me, as long as he gives him credit.

Thanks,

Dolly

Edward Rowe Snow also known as the Flying Santa visited St Pierre in December 1949. He wrote more than 40 maritime books. http://www.flyingsanta.com/

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André Lafargue
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UNREAD_POSTPosté: Mar Déc 07, 2010 9:43 pm 
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Sur http://www.cheznoo.net on trouve ce lien:

http://www.theepochtimes.com/n2/content/view/47074/

Voila de quoi il s'agit!

PREMIERE VISITE DU PÈRE NOËL EN AVION A SPM

http://www.flyingsanta.com/

Image

NOËL 1949 A ST PIERRE

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